Nymphée - mosaïque pompéienne - Musée de Naples (photo © Patricia Carles)

 Les Romains adoraient l'athlétisme et les athlètes. Lié à la préparation militaire, l'athlétisme était aussi l'un des loisirs favoris de la jeunesse. Auguste, qui voyait dans sa pratique un moyen d'exalter le patriotisme juvénile, lui donna une place de choix dans l'éducation des jeunes gens. Celui qu'on pratiquait à Pompéi s'inspirait probablement du modèle grec : Naples, l'ancienne Neapolis grecque, avait d'ailleurs institué, en 2 ap. J.C., des jeux disputés en l'honneur d'Auguste, appelés Sebasta. Inspirés des compétitions athlétiques d'Olympie, ils étaient célèbres jusque dans le sanctuaire hellénique.

Le nu héroÏque que l'on voit ici, au-dessus de la niche d'un nymphée orné de superbes mosaïques, représente un pugiliste couronné de laurier dont les poings et les avant-bras sont armés de "cestes". "Le ceste dont les athlètes se servaient dans leurs combats se composait de plusieurs courroies ou bandes de cuir, entrelacées de manière à couvrir la main et les premières phalanges des doigts, nous apprend le Larousse du XIXème siècle. Ces courroies, après plusieurs circonvolutions, venaient s'attacher autour du poignet et de l'avant-bras. Les athlètes avaient un ceste à chaque main. On se servait, pour la confection des cestes, de cuir de bœuf cru. Tantôt on n'y employait que de simples courroies, tantôt on garnissait ces courroies de clous, de plaques ou bossettes de cuivre, de fer ou de plomb. Cette dernière espèce de ceste était réservée pour les jeux gymniques ; les autres servaient aux athlètes qui s'exerçaient dans les gymnases. Les cestes les plus lourds pesaient environ 3 kilogrammes. Les Grecs distinguaient plusieurs espèces de cestes : ceux qui étaient faits de simples courroies ; ceux qu'ils appelaient myrmices (du grec murmex, fourmi), parce que celui qui était frappé de cette espèce de ceste éprouvait des picotements semblables à ceux que cause la morsure de ces insectes ; les méliques (du grec meli, miel), ceste mou et uni, dont on se servait dans les exercices gymnastiques ; les sphères, gantelets arrondis employés, comme les méliques, dans les simples exercices ou dans les jeux qui ne devaient pas être ensanglantés."

Sous le socle où se dresse fièrement le vainqueur, une mosaïque animalière représente un coq qui s'aprête à picorer des fruits posés sur un plateau d'offrande. Elle reprend, comme en écho, le motif qui orne le nymphée.

De part et d'autre de celui-ci, des panneaux à candélabres montrent un amour dardant sa lance sur un chevreuil.

nymphée

 
 

 

 pugiliste

 

 coq et grenades