Les Romains
adoraient l'athlétisme et les athlètes. Lié
à la préparation militaire, l'athlétisme
était aussi l'un des loisirs favoris de la jeunesse. Auguste,
qui voyait dans sa pratique un moyen d'exalter le patriotisme
juvénile, lui donna une place de choix dans l'éducation
des jeunes gens. Celui qu'on pratiquait à Pompéi
s'inspirait probablement du modèle grec : Naples, l'ancienne
Neapolis grecque, avait d'ailleurs institué, en
2 ap. J.C., des jeux disputés en l'honneur d'Auguste,
appelés Sebasta. Inspirés des compétitions
athlétiques d'Olympie, ils étaient célèbres
jusque dans le sanctuaire hellénique.
Le nu héroÏque
que l'on voit ici, au-dessus de la niche d'un nymphée
orné de superbes mosaïques, représente un
pugiliste couronné de laurier dont les poings et les avant-bras
sont armés de "cestes". "Le ceste
dont les athlètes se servaient dans leurs combats se composait
de plusieurs courroies ou bandes de cuir, entrelacées
de manière à couvrir la main et les premières
phalanges des doigts, nous apprend le Larousse du XIXème
siècle. Ces courroies, après plusieurs circonvolutions,
venaient s'attacher autour du poignet et de l'avant-bras. Les
athlètes avaient un ceste à chaque main. On se
servait, pour la confection des cestes, de cuir de buf
cru. Tantôt on n'y employait que de simples courroies,
tantôt on garnissait ces courroies de clous, de plaques
ou bossettes de cuivre, de fer ou de plomb. Cette dernière
espèce de ceste était réservée pour
les jeux gymniques ; les autres servaient aux athlètes
qui s'exerçaient dans les gymnases. Les cestes les plus
lourds pesaient environ 3 kilogrammes. Les Grecs distinguaient
plusieurs espèces de cestes : ceux qui étaient
faits de simples courroies ; ceux qu'ils appelaient myrmices
(du grec murmex, fourmi), parce que celui qui était frappé
de cette espèce de ceste éprouvait des picotements
semblables à ceux que cause la morsure de ces insectes
; les méliques (du grec meli, miel), ceste mou et uni,
dont on se servait dans les exercices gymnastiques ; les sphères,
gantelets arrondis employés, comme les méliques,
dans les simples exercices ou dans les jeux qui ne devaient pas
être ensanglantés."
Sous le socle où
se dresse fièrement le vainqueur, une mosaïque animalière
représente un coq qui s'aprête à picorer
des fruits posés sur un plateau d'offrande. Elle reprend,
comme en écho, le motif qui orne le nymphée.
De part et d'autre
de celui-ci, des panneaux à candélabres montrent
un amour dardant sa lance sur un chevreuil. |
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