On voit ici, sous le socle sur lequel se tient le pugiliste vainqueur, les offrandes qu'il a déposées sur une mensa de marbre : une grenade sans doute, un rayon de miel peut-être et un fruit ou un légume difficile à identifier. On reconnaît là le caractère contractuel de la religion romaine dont le calcul n'est jamais absent. Dans la pensée des anciens Romains, toute offrande s'inscrit dans un marché où la réciprocité est de mise."Les dieux, faits à l'image de l'homme, se décident comme lui par l'intérêt; ils donnent à qui leur donne, et si l'on a reçu d'eux quelque chose, il faut, par un juste retour, leur en payer le prix. L'offrande peut avoir un triple caractère ; elle est propitiatoire, expiatoire ou gratulatoire. C'est, suivant les cas, une avance faite en vue d'un avantage ultérieur, la compensation d'un dommage ou l'acquittement d'une dette." La mosaïque redouble ainsi l'offrande réelle dont elle maximalise en quelque sorte la valeur.