la fileuse et sa quenouille - Maison de la Vénus à la coquille - Pompéi (photo © Patricia Carles)

 Selon le mythe, c'est Minerve qui aurait enseigné aux femmes l'art de filer et de tisser.

La fileuse commençait par enrouler une balle de laine en haut de sa quenouille - souvent de simple roseau, parfois en ivoire ou en or pour de riches privilégiées. Elle pouvait la tenir de la main gauche ou la glisser dans sa ceinture pour manier son fuseau avec plus de facilité.

La tige du fuseau - souvent fait de carthame (une plante) ou de buis -, était munie d'un crochet pour attacher la laine de la quenouillée et d'un peson de pierre ou de terre cuite pour tendre le fil. Tout en tournant inlassablement le fil - mouillé de sa salive -, entre son pouce et son index, la fileuse le tirait à elle et l'enroulait sur le fuseau. Le peson accélérait le mouvement de rotation que la fileuse imprimait aux brins de laine pour les tordre et en composer le fil.

Lorsque le fuseau était plein, la fileuse coupait le fil et le mettait en pelote avant de recommencer l'opération. Les pelottes étaient rangées dans une corbeille à ouvrage, appelée "calathus". Les fils les plus épais étaient réservés à la chaîne, les plus légers à la trame.

Comme en témoigne le mythe d'Hercule filant auprès d'Omphale, le filage était réservé aux femmes. Pline nous apprend, dans son Histoire naturelle (VIII, 74), que l'on portait une quenouille et un fuseau à la nouvelle épousée pour lui signifier ses devoirs. Dire d'une épouse qu'elle avait passé sa vie à filer la laine, c'était faire l'éloge de sa vertu.

Mais les fileuses avaient aussi un pouvoir maléfique, comme tout ce qui participe du féminin : si l'on en croit l'Histoire naturelle de Pline l'ancien, (XXVIII, 5) une loi leur interdisait de filer ou même de porter leur fuseau découvert en marchant dans la campagne, faute de quoi elles compromettraient les récoltes. Les Parques n'ont-elles pas le redoutable privilège de couper le fil de la vie ?...