On construisit le grand
théâtre, destiné aux spectacles de plein
air, en exploitant la cavité naturelle de la colline selon
une conception héritée des modèles hellénistiques
comme en témoignent la vaste cour à portique qui
s'étend derrière l'édifice scénique
et la proximité d'un théâtre couvert, l'Odéon. |
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orchestra
et ima cavea |
La première
étape de la construction, qui remonte à l'époque
samnite, fut suivie de plusieurs rénovations, entre autres
sous le règne d'Auguste et après le tremblement
de terre de 62, et le théâtre fut agrandi pour pouvoir
accueillir jusqu'à 5000 spectateurs. |
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media
cavea |
L'inspiration hellénique
est manifeste dans la structure tripartite de l'édifice
: la cavea en forme de fer à cheval pour le public,
l'orchestra située au pied de la cavea et
destinée aux évolutions du chur et enfin
la scaena. On retrouve les trois divisions classiques
de la cavea : l'ima cavea réservée
aux magistrats, la media cavea destinée aux classes
sociales aisées et la summa cavea laissée
aux plus modestes. |
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summa
cavea |
On accédait
à l'ima cavea par des passages ménagés
à côté de la scène (parodoi)
et aux autres gradins par un passage extérieur couvert
ou crypte. Les magistrats qui offraient les spectacles se tenaient
dans des tribunes situées au-dessus des parodoi.
Cinq portes donnaient sur des escaliers qui divisaient les gradins
en cinq secteurs ou cunei. |
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escaliers
et passages |
A l'origine la scène
comportait un proscenium à colonnes faisant face
à l'orchestra et à la cavea et un
podium peu élévé qui supportait tout l'édifice
scénique.Trois portes reliaient la scène aux coulisses
tandis que des portes obliques ou paraskenia permettaient
d'accéder à des couloirs latéraux. Le grand
théâtre pouvait être couvert à l'aide
d'un velarium mobile soutenu par des montants insérés
dans la partie supérieure du mur qui fermait la summa
cavea . |
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scène
et quadriportique |
Derrière le
mur de scène s'étendait le Quadriportique, vaste
jardin-promenoir où les spectateurs déambulaient
pendant les entractes. Il fut transformé plus tard en
casernement de gladiateurs. |
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quadriportique |
C'est au gré
des rénovations successives que les parodoi ont
été couverts et qu'un couloir souterrain (crypta)
a été construit entre la media cavea et
la summa cavea pour donner accès à un plus
grand nombre de gradins. Enfin l'orchestra
a perdu sa fonction de lieu choral pour accueillir vasques et
bassins destinés aux jeux d'eau, si prisés des
Romains. |
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crypte |
Après 80
fut construit le petit théâtre couvert ou Odéon
qui pouvait contenir jusqu'à mille spectateurs. Des fenêtres,
percées dans les murs latéraux, éclairaient
gradins et scène. L'ima cavea était constituée
de quatre gradins qui recevaient les sièges mobiles (bisellia)
des décurions et des hôtes de marque. Un parapet,
agrémenté de deux pattes de griffon sculptées
dans le tuf, séparait l'ima cavea de la media
cavea. |
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l'Odéon |
Deux atlantes ou télamons
en tuf semblent soutenir les extrémités du mur
qui délimite la cavea. |
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atlante
ou télamon |
L'édifice accueillait
de nombreuses manifestations théâtrales et musicales.
C'est là en particulier qu'étaient jouées
mimes et pantomimes ou la nouvelle comédie de Ménandre,
reflet de la vie quotidienne des riches Pompéiens. |
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les
acteurs |
Le grand théâtre
ne dédaignait pas ce répertoire. On pouvait y assister
aux atellanes (atellanae), ces farces qui devaient leur
nom à la cité où elles étaient nées,
Atella, et qui mettaient en scène des personnages stéréotypés
: Maccus, le bouffon, Bucco, le parasite ventripotent,
Pappus, le vieil avare, Dossennus, le bossu et
le terrible Manducus avec sa bouche immense et ses grandes dents.
On peut y ajouter les types du politicien dans l'agitatoria,
du diseur de bonne aventure (ariolus), de la charbonnière
(carbonaria) ou de la marchande de fleurs (corrolaria). |
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acteurs
comiques |
On y représentait
bien sûr les comédies de Plaute et de Térence
très appréciées des Pompéiens comme
en témoignent de nombreuses oeuvres artistiques mettant
en scène le monde du théâtre : fresques développant
des scénographies, dalles sculptées ou mosaïques
figurant des masques d'acteurs. |
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masque
comique |
Que Pompéi ait
eu un théâtre en maçonnerie avant Rome, où
l'on se contenta longtemps de structures éphémères,
témoigne de l'influence de la tradition dramaturgique
de la Grèce antique sur la cité campanienne. La
tragédie trouvait bien évidemment sa place à
côté de la comédie et des atellanes dans
un mélange des genres conciliant l'inspiration dionysiaque
et sacrée du théâtre grec et la tradition
italique qui privilégiait la farce et la comédie
de moeurs. |
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masque
tragique |