Le culte des lares
publics aurait été fondé par le roi Servius
Tullius, dont la légende veut qu'il ait été
conçu pendant que sa mère, Ocrisia, offrait un
sacrifice sur l'autel domestique de la Regia, à Rome.
Surgissant miraculeusement du foyer, le phallus divin aurait
fécondé l'humble servante et c'est en mémoire
de son père que Servius Tullius, fils de la flamme sacrée,
aurait édifié un modeste sanctuaire en haut de
la voie sacrée.
La religion des Lares, très
vivante sous la République, fut réformée
par Auguste qui parvint à consacrer sa dynastie sous couvert
de restauration d'un culte ancestral. Associés au genius
de la maison impériale, les Lares publics devinrent en
effet bientôt Lares augusti : "à la mort
d'Auguste, non seulement le temple des Lares au point culminant
de la voie sacrée était restauré, mais dans
les 265 carrefours de la ville se dressaient les images des deux
Lares publics, encadrant celle du génie de l'empereur,
lit-on dans Le Dictionnaire des Antiquités romaines
et grecques.[...] A s'en tenir aux apparences, il n'y avait rien
de changé depuis les temps où un personnage de
Plaute invoquait les dieux Pénates de ses parents et le
Lare père de la famille ; les figures sont les mêmes
et en même nombre ; cependant, [...] aux yeux d'Auguste
et de ses contemporains, les Pénates ont disparu en s'identifiant
aux Lares des carrefours, et le Lare lui-même est devenu
la représentation religieuse du fondateur de l'Empire
: GENIO AUGUSTI ET LARIBUS, diront les inscriptions à
partir de cette époque."
Le 27 juin, dans le nouveau culte,
on célérait la fête des Compitalia : à
Rome, les images des Lares étaient portées en procession
par Auguste et Livie et l'empereur en personne, accompagné
des vico-magistri, faisait un sacrifice en leur honneur
devant l'effigie du Génius impérial. Depuis lors,
chaque cité se devait de consacrer un temple au même
culte ; un sénatus-consulte décréta même
que la célébration des Lares publics et du Génie
d'Auguste était obligatoire.
Il ne reste pas grand-chose du sanctuaire
des Lares publics de Pompéi. Erigé sur le Forum,
probablement sous Néron, il était inachevé
au moment de la catastrophe de 79.
Il comprenait un vaste atrium à
ciel ouvert, fermé par une belle abside, et un autel central,
dont il ne reste que la base. Deux niches, à droite et
à gauche de l'autel, abritaient les statues du culte.
D'autres statues, au nombre de six,
elles aussi abritées dans des niches, rythmaient les murs
latéraux de l'atrium. Elles étaient probablement
associées au culte de la famille impériale. |
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