La maison des Dioscures
- ou de Castor et Pollux -, se compose de deux maisons distinctes
jointes autour d'un péristyle commun.
Voici comment la
décrivait Ernest Breton en 1870 : "La façade
sur la rue de Mercure est décorée de refends rouges
et blancs séparés par de jolies moulures en stuc
; on y trouva sur un des piliers un Mercure tenant une bourse,
dont la présence, jointe à celle de deux coffres-forts
dont nous parlerons plus tard, fit substituer le nom de Maison
du Questeur à ceux des Dioscures ou de Castor et Pollux,
qui avaient d'abord été adoptés ; c'est
le dernier qui a prévalu.
On lisait
aussi sur la façade quelques inscriptions aujourd'hui
effacées, mais dont plusieurs ont été publiées
; en voici quelques-unes :
AVLVM VETTIVM FIRMVM AEDILEM VIRVM
BONVM ORAT VT FAVEAT FELIX CVPIT.
«Félix
désire et prie qu'Aulus Vettius Firmus, homme vertueux,
le favorise».
MARCVM
HOLCONIVM PRISCVM AEDILEM
DIGNVM REIPVBLIAE FVSCVS orat.
«Fuscus
supplie Marcos Holconius Priscus, édile digne de la république».
CAESELLIVM
ERASTVS CVPIT AED.
«Eraste
désire que Cæsellius soit édile».
[...] dans la
partie qui était commune aux deux habitations [...] se
présente un grand péristyle de 21 mètres
de long sur 12m 50 de large. Le portique est soutenu aux quatre
angles par autant de piliers en équerre, à chacun
desquels sont appliquées deux demi-colonnes, et en outre
des deux grands côtés, par quatre colonnes dont
les cannelures, remplies et peintes en rouge jusqu'au tiers de
la hauteur, sont blanches dans les deux autres tiers, et surmontées
de chapiteaux de fantaisie. Le portique a des trois côtés,
une largeur de 2m 60 ; du quatrième côté,
devant l'exèdre, cette largeur est de 4 mètres.
Le pavé est en mosaïque ; les murs étaient
décorés de riches peintures dont plusieurs sont
encore conservées. La première qui se présente
à droite en entrant par la porte est un héros armé
du bouclier et de la lance [...]
De l'autre côté
de la porte [qui communique avec la troisième partie de
l'édifice] est une bacchante, puis un petit tableau représentant
dans le bas un pigeon de grandeur naturelle tirant un épi
d'une corbeille, et au-dessus deux petites antilopes couchées
d'une parfaite conservation. [...] Sous le portique, [...] on
[...] voit encore plusieurs petites compositions [...] [dont]
une corbeille de fruits et de champignons [...].
Dans l'area,
autour de laquelle règne un caniveau de ciment dont les
eaux venaient se réunir dans le bassin dont je parlerai
tout à l'heure, sont un petit compluvium sans décoration
aucune, et en avant du tablinum, le grand bassin de 2 mètres
de profondeur sur 4m 40 de large et 5m 50 de longueur, au centre
duquel s'élève une colonne d'où sortait
un jet d'eau du milieu d'un groupe de plantes aquatiques, de
grenouilles et de lézards, le tout sculpté en marbre
blanc ; à 0m 75 de la surface existe un écoulement
pour le trop-plein. [...]
Sous le portique,
en face du corridor, se trouvent un puteal et à côté
une belle table de marbre portée par des consoles terminées
par des griffes ; la tablette est ornée de deux petites
têtes de lion. [...] Sur le mur du fond du xyste on trouve
entre les demi-colonnes des peintures analogues à celles
que nous avons vues dans jardin de Salluste, et un charmant petit
laraire |
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