L'amphithéâtre
de Pompéi est le premier amphithéâtre romain
de pierre.
Les Pompéiens
furent privés de jeux pendant dix ans à la suite
d'une rixe fameuse qui défraya la chronique en 59 après
J.C. et dont une peinture, conservée au musée de
Naples, porte témoignage : "Vers le même
temps, un incident futile provoqua un affreux massacre entre
les colons de Nocera et ceux de Pompéi, écrit
Tacite ; ce fut pendant un combat de gladiateurs donné
par Livineius Regulus. Comme il arrive d'ordinaire dans les petites
villes, on échangea d'abord des quolibets sans retenue,
puis des pierres et on finit par en venir aux armes. La plèbe
de Pompéi eut le dessus : c'était là que
se donnait le spectacle. Beaucoup de Nucériens furent
transportés chez eux le corps mutilé ; nombreux
aussi étaient ceux qui pleuraient la mort d'un fils ou
d'un père. Le prince remit le jugement de cette affaire
au Sénat, qui la renvoya aux consuls. Mais sur nouvelle
instance, le Sénat défendit pour dix ans à
la ville de Pompéi ces sortes de réunions et prononça
la dissolution des collèges qu'on avait établis
contrairement aux lois : Livineius et les autres auteurs de la
sédition furent punis d'exil."
Aux raisons qu'invoque Tacite pour expliquer ce massacre,
une banale affaire de rivalité sportive, il faut sans
doute en ajouter d'autres, politiques et économiques.
Nocera et Pompéi, qui avaient d'abord choisi le même
camp lors de l'invasion carthaginoise et étaient restés
fidèles à Rome, s'étaient ensuite déchirés
: les Pompéiens avaient suivi la rebellion italique contre
Rome tandis que les Nucériens lui étaient restés
fidèles et avaient reçu le territoire de Stabies
pour prix de leur docilité.
La peinture du musée
de Naples a le double intérêt de montrer, outre
la scène de cet épisode tragique de l'histoire
pompéienne, le velum tendu au-dessus de l'arène
et les baraquements provisoires qui s'installent à proximité
de l'amphithéâtre et qui abritent sans doute des
colporteurs et autres marchands profitant de l'aubaine pour vendre
leurs marchandises.
|
 |