La laïcité en questions/ en question

le voyage d'Ulysse raconté par les élèves de 6° (feuilleton sonore), le Petit chaperon rouge, Nouvelles aventures de Renart : des aventures imaginées par les élèves de Cinquième, lecture de l'image, Jean Fouquet et l'art de l'enluminure etc.

Re: La laïcité en questions

Messagepar locipompeiani » 11 Janvier 2016, 18:21

Comité Laïcité République
La laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une.


Comité Laïcité République

Déclaration de principes (1996)

La laïcité, clef de voûte de l’édifice républicain, fondement institutionnel des libertés individuelles et de l’égalité des droits, ferment de l’intégration des citoyennes et des citoyens de toutes origines, constitue, aujourd’hui comme hier, l’assise indispensable de la paix civile et de l’unité de la nation.
L’actualité en France, en Europe et au-delà, montre combien s’impose d’urgence pour notre peuple, un authentique ressourcement aux principes fondamentaux de la République Laïque. Principes qui appellent à l’effort collectif pour l’émancipation de tous, qui s’opposent à toute référence religieuse ou dogmatique pour les lois et les institutions publiques, et rejettent tout cléricalisme, tout intégrisme, tout racisme dans la République.
Chacun ressent profondément la gravité de certains événements. Ce fut entre autre :
• la montée et la banalisation du racisme et de l’antisémitisme, les actes multipliés d’intolérance, d’exclusion, de rejet de l’autre...
• le néo-cléricalisme de la hiérarchie catholique romaine qui s’obstine à vouloir imposer aux États, par des voies actualisées et diversifiées, sa tutelle moralisatrice...
• l’offensive des intégrismes - islamiques, catholiques, juifs ou autres - marqués par le sectarisme le plus affirmé...
• les campagnes renouvelées contre la contraception, l’IVG, la maîtrise de la procréation, les remises en cause de l’égalité des femmes, les agressions contre la liberté de création et de recherche...
• les offensives répétées contre la Laïcité de l’École Publique et les provocations par le port ostentatoire d’insignes religieux en milieu scolaire...
• les pressions convergentes de la hiérarchie catholique et d’autres autorités religieuses réclamant un réaménagement institutionnel et la révision des principes qui inspirent la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État...
Ces faits, parmi d’autres, traduisent la mise en cause des idéaux de la Révolution Française. Cette tendance, méthodiquement réactivée, à de nouvelles discriminations et à un nouveau cléricalisme, avivée par l’actuelle aggravation des inégalités sociales, porte en elle le germe de la désagrégation sociale et civique de la République.
Ainsi, une fois de plus, apparaît-il clairement que rien n’est jamais définitivement acquis, que nos libertés, toujours directement ou insidieusement menacées, sont toujours à défendre ou à reconquérir. C’est le cas de la Laïcité.
La vigilance s’impose aux citoyennes et aux citoyens.

La laïcité : matrice des libertés


Fondement de l’humanisme moderne qui pose en principe premier, le droit absolu à la liberté de conscience, au libre examen, au libre choix, la Laïcité s’assigne pour finalité l’accès de chaque femme et de chaque, homme aux connaissances et à la responsabilité de soi dans tous les domaines de la vie. La liberté de pensée est la matrice de toutes les libertés, publiques et privées.
Éthique de vie fondée sur la dignité de la personne humaine, sur la solidarité sociale et la fraternité, elle se veut ouverture aux autres et encourage l’enrichissement réciproque par la rencontre et le dialogue.
Elle implique des institutions et des lois libérées de toute tutelle religieuse ou dogmatique et qui, plutôt que d’assujettir et d’aliéner les personnes, de porter atteinte à leur intégrité, d’imposer des discriminations en fonction de leurs origines ou de leurs convictions, doivent au contraire garantir les bases d’une société de justice et de liberté en favorisant, dès l’enfance, l’épanouissement libre et responsable de chacun, en assurant à tous l’égalité des droits et le libre et plein exercice de leurs responsabilités individuelles et civiques dans la République.
C’est pourquoi dans notre histoire tous les grands combats de notre peuple pour l’égalité et la liberté furent porteurs de l’exigence de Laïcité.

Une République de citoyens

Les principes laïques apparaissent plus que jamais actuels, de valeur permanente, de portée universelle.
Mais aujourd’hui, certains d’entre eux sont délibérément contestés ou dénaturés.
Le discours des Droits de l’Homme est récupéré et retourné contre lui-même par opportunisme politique ou religieux. La Laïcité des institutions républicaines se trouve, sous prétexte d’actualisation ou de "renouvellement", insidieusement détournée à d’autres fins.
Face à ces dérives, il importe de voir et parler clair.
La Révolution française, en détruisant l’ancienne société qui cloisonnait les hommes et les femmes en communautés, corps et ordres immuables, a fait triompher le principe de la responsabilité de l’individu et de la primauté de ses droits. Elle a sécularisé les services publics, et d’abord l’état civil, afin de libérer leur usage de toute discrimination.
C’est pourquoi la République ne connaît que des citoyens libres et égaux en droits quelles que soient leurs origines et leur histoire, quels que soient leurs choix philosophiques, religieux, politiques. Elle ne saurait être l’addition de communautés particulières, soumises à des lois spécifiques. Elle est l’ensemble des citoyens.
Seule la Laïcité des institutions publiques permet et garantit à toutes et à tous les libertés, individuelles et collectives, dans le respect et l’épanouissement légitime des diversités. En revanche, institutionnaliser un "droit à la différence" lié à une communauté d’appartenance, conduit à assujettir les droits des individus aux règles particulières de chaque communauté. C’est l’abandon de l’unicité de la loi dans la République, garantie des mêmes droits, responsabilités et libertés pour tous les citoyens.
Seule la Laïcité garantit ainsi pour tous l’exercice des libertés, notamment de la liberté religieuse.
Rejetant toute uniformisation des individus comme toute partition de la nation, elle constitue aussi le seul rempart face à la ségrégation et au racisme, comme face à l’étouffement des personnalités.

Des institutions démocratiques

La démocratie exige que les convictions personnelles, l’appartenance à une religion, à une famille idéologique ou politique relèvent de la sphère privée.
La République laïque récuse donc toute religion officielle comme toute orthodoxie d’État. Elle se préserve également de toutes les pressions anciennes ou nouvelles, explicites ou insidieuses, du cléricalisme et de tous les totalitarismes.
C’est pourquoi la loi de 1905 instituant la séparation des Églises et de l’État, garantie républicaine, plus actuelle que jamais, de la liberté de conscience pour tous, ne saurait être aujourd’hui renégociée ni aménagée.
À chaque femme, à chaque homme, la République garantit le plein exercice des responsabilités publiques du citoyen. Celui-ci les assume directement ou par ses représentants élus. La République ne connaît d’autres sources légitimes de la souveraineté nationale.
Les missions d’intérêt général relèvent de la seule puissance publique.
Aucun comité ni conseil de "sages" dépourvu de légitimité élective ne saurait disposer de pouvoirs autres que consultatifs.
Le contrôle de constitutionnalité des lois, de même que l’exigence républicaine d’un État de droit, ne sauraient dériver vers un gouvernement des juges.
C’est par le service public égalitaire et laïque que l’État républicain répond aux besoins collectifs de la Nation.
Les droits et responsabilités des citoyens ne sauraient être non plus mis en cause par les prérogatives de certaines instances européennes non élues. L’avenir communautaire en Europe, quelles que puissent être demain les populations concernées, ne saurait être édifié sans le respect des droits et responsabilités des peuples.
Un tel avenir doit donc être construit solidement sur la base d’institutions laïques. Plus les différences sont nombreuses et profondes, plus s’impose la laïcité de la loi commune. L’intégration de la France aux institutions européennes ne devra pas se faire au détriment des fondements laïques de la République.

La laïcité, une réponse aux problèmes de société et de vie

L’exigence laïque de liberté et de responsabilité concerne tous les champs de la société, tous les problèmes de la vie. Et son horizon s’étend à mesure que s’enrichissent nos connaissances et que s’élargit la démocratie.
La laïcité, liberté des libertés, conduit à combattre tous les facteurs d’aliénation
• pour la libération des femmes, elle exige, en faveur de toutes et partout dans le monde, la conquête effective de l’égalité en droit, en responsabilité, en dignité,
• pour les libertés au quotidien, elle exige le droit de chacun à l’autodétermination, notamment en matière de vie sexuelle, de divorce, de contraception, d’avortement, du droit de vivre et de mourir dans la dignité, du droit à la liberté de création sous toutes ses formes,
• pour libérer le travail, ses conditions et ses finalités de la domination par le pouvoir de l’argent, elle exige la responsabilité du travailleur dans l’entreprise,
• pour la paix dans le monde, elle exige la reconnaissance des droits et libertés des personnes et des peuples et l’organisation effective de leur universelle solidarité. Le pouvoir déterminant exercé désormais par les médias - écrit, image, son - dans la vie des gens et notamment dans l’information et la formation - voire la manipulation - de l’opinion publique, donc dans le fonctionnement et la qualité de la démocratie, appelle une attention toute particulière. Il s’agit d’éviter la domination du pouvoir de l’argent et de ses critères de valeur notamment pour le contenu et la qualité des programmes télévisuels. Il s’agit d’éviter également toute autre mise en tutelle idéologique de l’opinion. Qualité et diversité des émissions, pluralisme dans l’information, liberté d’expression et de création constituent une exigence laïque fondamentale.
Enfin, alors que le progrès scientifique procure à l’homme des moyens nouveaux et considérables d’intervention sur la nature et sur lui-même, notamment en matière de génétique, se pose la question essentielle de la place des sciences dans la société, de la liberté de la recherche, de la responsabilité des chercheurs et des pouvoirs publics. La science n’est pas compétente en matière morale et politique. La Laïcité milite donc résolument pour que les applications de l’activité scientifique soient mises au service de la libération des hommes et des femmes, du progrès général de l’humanité.
La question sociale, dans un monde inégalitaire et pluriel, se trouve au cœur du problème de l’égalité, notamment de l’égal accès au savoir, à la responsabilité, à la liberté. Partie constitutive, à ce titre, de la question laïque, elle conduit en particulier à exiger pour tous ceux qui résident sur le sol national le droit au bénéfice des conquêtes de la République, l’accès aux systèmes de solidarité et de formation initiale et permanente.
Mais la démarche laïque ne saurait être réduite à l’exigence de plus de justice sociale.

Droits de l’enfant : l’école de la République

La liberté de l’homme se construit, ou se détruit dès l’enfance. Tout enfant a le droit d’être élevé et instruit pour accéder à la maîtrise de soi et à la citoyenneté.
Il s’agit de lui assurer le droit et les moyens de l’émancipation : lui permettre d’acquérir pas à pas la responsabilité de lui ?même dans tous les domaines de la vie personnelle, sociale, civique, et son autonomie et sa liberté, y compris par rapport à son milieu d’origine et à sa famille.
L’École publique doit pouvoir accueillir, instruire, faire vivre ensemble tous les enfants de toutes les origines sociales, ethniques ou confessionnelles. Travaillant dans le respect des consciences et attentive à toutes les convictions naissantes, elle n’impose, ni par les enseignements ni par la vie scolaire, aucune croyance. Elle doit promouvoir la pratique par toutes et par tous de l’esprit, des règles de tolérance et de respect mutuel de la laïcité scolaire.
Pour tous ses élèves, elle se doit être le lieu de l’acquisition méthodique des savoirs, de l’apprentissage de la raison et de l’entraînement au doute et à l’esprit critique.
Organiquement liée à la République, l’École Laïque ne saurait être soumise, en droit ou en fait, à aucune tutelle, autorité ou influence particulière d’ordre politique, religieux, idéologique, économique...
L’École de la République, ainsi, sera pleinement le creuset de la fraternité, le fondement premier de l’unité de la Nation et de l’émancipation de son peuple.
C’est pourquoi, aujourd’hui comme hier, l’école publique, gratuite et laïque, demeure la pierre angulaire de la République.

Une espérance pour le XXIe siècle

La laïcité n’est pas tournée vers le passé mais vers le futur des hommes. Porteuse de l’avenir de la raison, elle oeuvre au progrès de la pensée. Elle se veut libératrice de l’intelligence.
L’humanisme laïque, force vivante de l’Histoire, s’adresse ainsi à toutes les femmes et à tous les hommes, à tous les peuples. Se refusant à tout ethnocentrisme, porteur de l’émancipation de tous, il atteste plus que jamais dans un monde aux dimensions de plus en plus restreintes, de la permanence et de la vocation universelle des valeurs de Liberté, d’Égalité, de Fraternité.
Seul, il peut aujourd’hui nourrir et conduire la marche de tous les peuples vers le savoir, le mieux-être, la paix et la liberté.
Bien cordialement,
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La laïcité en question - historique

Messagepar locipompeiani » 11 Janvier 2016, 18:23

La laïcité en question.

Le « livret de la laïcité » introduit à l’école est une initiative récente qui ne fait pas oublier combien cette institution avait cessé d’intégrer, de transmettre des valeurs communes au nom d’une « laïcité aménagée » et d’ « accommodements raisonnables » prônés par les sociologues « officiels ».


François Dubet a écrit:
Il nous faut désormais tenir compte des caractéristiques culturelles, ethniques, religieuses du peuple français… Il existe déjà un semblant d’accommodements raisonnables en France …


Préférons à cette laïcité aménagée l’intégration telle que la définissait Jacques Julliard dans Marianne :

Jacques Julliard a écrit:
[L'intégration c'est] l’acceptation de règles communes, de mœurs communes, qui permet aux différences individuelles de s’exprimer sans remettre en cause la seule communauté acceptable, c’est-à-dire la communauté nationale.


Le problème ne date pas d’aujourd’hui. Rappelons-nous les débordements communautaires auxquels a donné lieu la coupe du monde de 1998, symptômes de la faillite de l’universalisme républicain.

On n’a cessé, dans l’Education Nationale, d’enterrer les rapports qui alertaient sur le développement du communautarisme.

    En 1987, Gilles Kepel, islamologue, sortait Les banlieues de l’Islam

    En 2004, Jean-Pierre Aubin, inspecteur mandaté par le Ministère, visitait une centaine d’établissements sensibles et rédigeait un rapport resté dans les placards avant qu’Alain Seksig ne le publie en le commentant avec une vingtaine d’intellectuels (L’Ecole face à l’obscurantisme religieux, Max Milo, 2006).

    En 2006 paraissait « Les territoires perdus de la République » publié par Georges Bensoussan sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner (l’ouvrage vient d’être réédité)

    En 2012, Gilles Kepel publiait Banlieue de la République (Gallimard)

    En 2012 la gauche commandait au HCI (Haut Conseil à l’Intégration) un rapport, dirigé par Alain Seksig et préfacé par Vincent Peillon, resté lettre morte bien qu’il ait été accablant.

Le Haut Conseil à l’intégration a été dissout le 24 décembre 2012 après la fuite d'un rapport sur le voile à l'université et l'interpellation d'une femme portant le voile intégral à Trappes et il a été remplacé par l’Observatoire de la laïcité, institué par décret en 2007, et reconduit pour 5 ans en avril 2013.

Il s’agissait de "renouveler en profondeur l'approche des questions d'intégration en France" pour tendre vers une laïcité de compromis.

La question du voile à l’école s’était posée dès 1989, alors que Lionel Jospin était ministre de l’Education nationale. Interpellé par un chef d’établissement qui avait refusé l’accès de son collège à trois élèves musulmanes portant un foulard, le ministre avait laissé à chaque directeur le soin de régler la situation par le dialogue « au nom du respect de la différence culturelle ».

Après cette prise de position, des intellectuels avaient lancé un appel pour défendre la cause laïque : « Profs, ne capitulons pas ! » par Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Catherine Kintzler ; tribune parue dans Le Nouvel Observateur daté du 2 au 8 novembre 1989.

La loi de 2004 a interdit le port d’insignes religieux ostensibles dans les établissements secondaires. Mais l’Université continue à poser problème. L’entrisme islamiste y est monnaie courante, comme en témoignent quelques affaires :

École : "Il est fondamental de réaffirmer le principe de laïcité à l'université"
INTERVIEW. Jean-Louis Auduc et Alain Seksig ont préconisé dans un rapport d'élargir aux universités l'interdiction des signes religieux ostensibles et ostentatoires. Le Point, octobre 2013

Tensions à l’Université

    Le Recteur Alain Morvan, en poste depuis 2002, démis de ses fonctions en Conseil des Ministres en 2007 pour « manquement au droit de réserve », sur proposition de Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale. Il s'était opposé à l’ouverture d’un lycée musulman intégriste. Le même Alain Morvan avait condamné fermement les dérapages de certains enseignements de l’Université Lyon 3 et pris une part active dans les poursuites disciplinaires contre Bruno Gollnisch, suite à ses propos sur les chambres à gaz en 2004.

    Un enseignant vacataire démis de ses fonctions à Villetaneuse pour avoir exprimé son hostilité à la présence de signes religieux ostentatoires, février 2015.

    Samuel Mayol, directeur de l’IUT de Saint-Denis, soupçonné de manipulations à visées anti-islamistes.

L’Observatoire (gouvernemental) de la laïcité NE VOIT AUCUN problème à l’Université (en 2015 !), fidèle à une ligne qui tend à empêcher l’initiative du législateur. Trois de ses membres (Jean Glavany, Françoise Laborde, et Patrick Kessel) ont refusé de participer au vote de son avis du 15 décembre 2015 « sur la laïcité et la gestion du fait religieux dans les établissements de l’enseignement supérieur public » pour des raisons qu’ils développent dans un communiqué. (Comité Laïcité République)

Des signes inquiétants dans la société civile

En marge de la sortie, en 2013, du film « La Marche », qui célèbre la marche des Beurs de 1983, une chanson composée et interprétée par une dizaine de rappeurs appelait à l’autodafé contre Charlie Hebdo

Charb avait alors dénoncé une chanson « fasciste » chantée par des « branleurs millionnaires ». Personne ne s’en était ému alors. Seul Jack Dion écrivait de façon prémonitoire dans Marianne : « Certes, il ne s’agit que d’une chanson. Certes, on n’est ni en Afghanistan ni au Pakistan, mais chacun connaît le poids des mots et le choc des formules. »

Après les terribles événements de janvier 2015, Périco Légasse rappelait, dans Laïcité : ne plus rien céder ! (Marianne, 12 Janvier 2015), le cri d’alarme lancé par Guy Coq (« Laïcité et République. Le lien nécessaire ») :


Guy Coq a écrit:
C’est le maintien même de la tolérance qui périrait si les communautés religieuses entraient en compétition pour s’emparer de l’espace laïc de l’école, pour en briser l’unité, pour y manifester, non pas l’esprit d’accueil pour chaque individu en lui-même, comme simple humain, mais le signe de la clôture de chaque communauté contre les autres.



La tragédie du 13 novembre 2015 rend de plus en plus nécessaire un enseignement des valeurs laïques, non pas sous la forme d’un catéchisme bien-pensant mais par un retour à l’enseignement de l’universel. Les jeux de rôle que l’on nous propose comme panacée n’ont d’autre fonction que de faire entrer le relativisme culturel dans le crâne des élèves par une sorte de méthode Coué.

C’est l’universel qui libère : la liberté et l’égalité sont des valeurs inaliénables. On n’a pas besoin d’ «aménager la laïcité » en vidant les programmes de tout ce qui peut fâcher ou en réécrivant l’histoire dans le sens de l’auto-flagellation (colonisation, guerre d’Algérie, esclavage ….).
Enseigner Voltaire, Condorcet ou Diderot, ce n’est pas, contrairement à la vulgate, creuser les inégalités sociales entre les « héritiers » et les « déshérités » mais donner à tous les moyens de la liberté.
L’école reconduit d’autant plus les inégalités qu’elle se vide de son contenu universaliste.


Henri Pena-Ruiz, dans le Dictionnaire amoureux de la laïcité, a écrit:
Une société faite pour l’école, c’est une société qui assure à l’école toute sa place, sans la dénigrer de façon sempiternelle ni prétendre que son rôle est désormais très relatif au regard des canaux modernes de l’information ou des finalités immédiates de l’économie. C’est aussi une société qui ne demande pas à l’école ce qu’elle n’est pas en mesure de faire – par exemple abolir complètement l’inégalité sociale ou ses effets – alors qu’elle-même laisse en l’état les ressorts socio-économiques dont dérive cette inégalité.
Bien cordialement,
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La laïcité, c'est d'abord une liberté

Messagepar locipompeiani » 11 Janvier 2016, 18:28

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Critique de « Fatima moins bien notée que Marianne »

Messagepar locipompeiani » 12 Janvier 2016, 09:02

Quand l'école est accusée de racisme ordinaire.... Par Paul DEVIN

11 janv. 2016 Blog : Le blog de Paul DEVIN

À propos du livre de François Durpaire et Béatrice Mabillon-Bonfils : « Fatima moins bien notée que Marianne »
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Ajouter "laïcité" à la devise de la République

Messagepar locipompeiani » 21 Janvier 2016, 18:52


PROPOSITION DE LOI CONSTITUTIONNELLE relative à la devise de la République

Ajouter "laïcité" à la devise de la République

présentée par Mesdames et Messieurs Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, Gérard CHARASSE, Jeanine DUBIÉ, Olivier FALORNI, Paul GIACOBBI, Joël GIRAUD, Gilda HOBERT, Jacques KRABAL, Jérôme LAMBERT, Jacques MOIGNARD, Dominique ORLIAC, Stéphane SAINT-ANDRÉ et Alain TOURRET, députés

« La devise de la République serait ‟Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité”. »




EXPOSÉ DES MOTIFS


MESDAMES, MESSIEURS,
Sa devise exprime l’éthique d’une Nation. Elle affirme ses valeurs primordiales. Elle énonce ses principes fondamentaux. Ceux qui font l’essence même de son action.

La Constitution de 1848 est la première à le proclamer, dans son Préambule : « La République a pour principe la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. » De même, la Constitution de 1946 le rappelle à son article 2 : « La devise de la République est : ‟Liberté, Égalité, Fraternité”. »
Comme la IIe et la IVe République, la Ve République reprend cette devise ternaire dans la Constitution de 1958 (article 2, alinéa 4) : « La devise de la République est ‟Liberté, Égalité, Fraternité”. »
Mais, pour exprimer plus complètement la symbolique républicaine, il conviendrait d’ajouter à ce triptyque un quatrième terme : « Laïcité ».
Cet ajout serait d’ailleurs en concordance directe avec la toute première phrase de l’actuel article 1er de notre Constitution, qui souligne le caractère laïque de nos institutions : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »

Tolérance

Intimement liée aux institutions et aux lois républicaines, la laïcité procède au préalable d’une aspiration essentielle qui marque particulièrement le siècle des Lumières, avec Diderot ou Voltaire et son « Traité sur la tolérance », publié en 1763.
Elle repose, en effet, sur la tolérance, le respect de chacun, l’esprit de dialogue entre ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions. Dans un contexte apaisé qui ne connaisse ni pression ni violence.
« J’appelle intolérant » écrivait Jean-Jacques Rousseau « tout homme qui s’imagine qu’on ne peut être homme de bien sans croire tout ce qu’il croit, et damne impitoyablement ceux qui ne pensent pas comme lui. »
Fondée sur la liberté de conscience, la laïcité peut faire obstacle à la résurgence des dogmatismes, des intégrismes qui voudraient dicter leur foi à autrui. Par le prosélytisme, souvent. Par la violence, parfois. Comme l’ont montré les attentats perpétrés contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher les 7 et 9 janvier 2015, puis la tuerie de masse au Bataclan le 13 novembre 2015.
Voltaire notait déjà dans le « Dictionnaire philosophique » : « Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? »
Paradoxalement, après deux siècles de sécularisation, le XXIe connaît un retour à l’emprise du fait religieux. Parfois sous des formes extrêmes. Pour tenter d’imposer sa croyance par la violence.
Face à cela, la laïcité est plus que jamais nécessaire, car elle est à la fois un principe de liberté et un principe de fraternité.

Un principe de liberté

Principe de liberté, d’abord. La laïcité assure le libre arbitre, l’autonomie de réflexion et de jugement. Elle garantit la liberté de conscience, la liberté de pensée, la liberté de croire ou ne pas croire. Bref, la liberté des confessions et des convictions. « Nous ne sommes pas les ennemis de la religion » disait Gambetta.
« Nous sommes au contraire les serviteurs de la liberté de conscience, respectueuse de toutes les opinions religieuses ou philosophiques. » La laïcité n’est pas un principe de négation des religions. L’État laïque respecte toutes les croyances, mais de manière égale. Il n’en reconnaît aucune en particulier.
La loi « portant séparation des Églises et de l’État » du 9 décembre 1905 le souligne et commence par ces deux articles :
Article 1 : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes… »
Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte… »
Dans son discours, modéré et équilibré, du 3 juillet 1905, son rapporteur, Aristide Briand, présente ce texte comme « une loi de bon sens et d’équité », une loi « respectueuse de toutes les croyances et leur laissant la faculté de s’exprimer librement ».


La loi de 1905 sépare donc l’État et les Églises. Ferdinand Buisson, président de la commission de la Chambre des députés qui prépare ce texte, définit l’État laïque comme « un État neutre entre les cultes, indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique. » De même, Jean Jaurès, soutenant cette loi déclare : « Aucun culte ne doit être privilégié dans l’État. »
Soixante-quinze ans après, en février 1981, lors des Assises de la laïcité, c’est ce même double objectif – liberté et respect – que défendra François Mitterrand, alors candidat à la présidence de la République :
« La première loi de l’esprit laïque, c’est le refus d’être soumis à la pensée d’autrui. Libre débat, discussion, cela suppose d’abord une conquête, résister, être d’abord soi-même… La seconde loi : si je refuse d’être soumis à la pensée d’autrui, j’entends respecter tout autant la liberté des autres. Résistance et tolérance. Voilà les deux maîtres mots. »

Un principe de fraternité

Principe de liberté, la laïcité est aussi un principe de fraternité, un principe de concorde.
La neutralité de l’État entre les confessions permet à tous de vivre
ensemble par-delà les diverses appartenances religieuses.
En revanche, le communautarisme, souvent d’origine confessionnelle ou culturelle, risquerait de conduire à une société fragmentée en groupes distincts et dissociés, incarnant des solidarités spécifiques.
Ce repli identitaire ou cette confessionnalisation des relations sociales ne seraient pas conformes à la conception universaliste de la République.
Le modèle républicain est tout le contraire d’une segmentation de la société en entités particulières, dont chacune vivrait refermée sur elle-même. À l’écart des autres. Voire en conflit avec les autres.
Une telle déstructuration de la nation, appelée à se disjoindre en communautés distinctes et séparées, voire antagonistes, déferait le lien social. En affaiblissant la conscience d’un destin commun. La perte du sens collectif menacerait cette République éclatée.
La laïcité peut être un rempart contre cette montée des communautarismes, fondés sur l’origine ou la confession, qui pourrait entraîner ce déliement de la société. Car elle incarne la tradition républicaine, la fidélité aux valeurs d’égalité et de fraternité entre tous les Français, issus de toutes les cultures, de tous les horizons et leur volonté d’être et d’agir ensemble. Par-delà les différences. En se rappelant la phrase de Saint-Exupéry : « Nos différences, loin de nous léser, doivent nous enrichir. »

Conforter la laïcité

La laïcité réunit et rassemble. Elle fédère. Elle renforce l’unité de la Nation.
La République laïque s’oppose à tout ce qui divise, à tout ce qui sépare. Elle est un facteur d’union, de concorde, quelle que soit l’origine, la croyance ou la culture.
Le 17 décembre 2003, Jacques Chirac, alors chef de l’État, déclarait dans un discours consacré au respect du principe de laïcité dans la République : « Ce principe renvoie à notre cohésion nationale, à notre aptitude à vivre ensemble, à notre capacité à nous réunir sur l’essentiel. » Il permet « le rassemblement des Français de toutes croyances et de toutes convictions. Pierre angulaire de la République, faisceau de nos valeurs communes de respect, de tolérance, de dialogue, la laïcité est un élément
essentiel de la paix sociale et de la cohésion nationale. Nous ne pouvons pas la laisser s’affaiblir. Nous devons travailler à la consolider. »
Cette conception est largement partagée. Car la laïcité n’est pas une laïcité de conflit ou de combat. Elle est une laïcité de consensus et de concorde.
Pour conforter cette valeur essentielle, il importerait d’ailleurs, comme cela a été fait avec la Charte de l’environnement en 2004, d’élaborer une « Charte de la laïcité » qui serait, elle aussi, adossée à la Constitution.
Dans l’immédiat, ce qui est prioritaire, c’est le symbole. Et donc la devise. Puisque chacun s’accorde, surtout dans les circonstances présentes, sur l’extrême importance de la laïcité pour garantir et sauvegarder le modèle républicain, la devise de notre patrie, « Liberté, Égalité, Fraternité », devrait être complétée par le terme « Laïcité ».
D’où cette proposition de loi constitutionnelle, très brève, qui tient en un seul mot, mais qui contribuerait à rappeler nos communes perspectives. Celles qui s’appellent respect mutuel, destin solidaire, espoir partagé.

PROPOSITION DE LOI CONSTITUTIONNELLE
Articler unique


Le quatrième alinéa de l’article 2 de la Constitution est ainsi rédigé :
« La devise de la République est ‟Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité”. »

Bien cordialement,
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Re: La laïcité en questions/ en question

Messagepar locipompeiani » 22 Janvier 2016, 18:53

Bianco et Ennasri en défenseurs de la laïcité ?

20 janvier 2016

in La règle du jeu

Quand le président de l’Observatoire de la laïcité et l’islamiste radical signaient ensemble un appel pour l’union après les attentats djihadistes du 13 novembre...
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Re: La laïcité en questions/ en question

Messagepar locipompeiani » 22 Janvier 2016, 18:55

Jean-Louis Bianco : « Ceux qui dénaturent la laïcité sont ceux qui en font un outil antireligieux »

Le Monde 20/01/2016
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Re: La laïcité en questions/ en question

Messagepar locipompeiani » 22 Janvier 2016, 19:02

Elisabeth Badinter: "Je ne pardonne pas à la gauche d'avoir abandonné la laïcité"
Elisabeth Badinter a écrit:
Le mercredi 6 janvier 2016 sur France Inter, Elisabeth Badinter a appelé les défenseurs de la laïcité à ne plus se taire par crainte d'être taxés d'islamophobie. Tout en accusant la gauche d'avoir "abandonné" ce combat à Marine Le Pen. Dans notre hors-série consacré à la laïcité en février 2015, la philosophe jugeait déjà "désolant" le pouvoir accordé par la gauche aux curés, imams et rabbins, et dénonçait les lâchetés des socialistes depuis vingt-cinq ans à propos du voile.
Marianne : En 1989, lors de la première affaire médiatisée de voile à l’école, à Creil, vous avez, avec quelques autres, lancé dans le Nouvel Observateur un appel à défendre la laïcité. Où en sommes-nous un quart de siècle plus tard ?

Elisabeth Badinter : Il s’est produit un renversement à gauche sur la laïcité, produit d’une gêne considérable face à la montée de l’islamisme. Tétanisée à l’idée d’être taxée de stigmatisation d’une population d’origine immigrée, la gauche s’est empêchée de traiter cette situation nouvelle, mais pas si différente de l’affrontement avec l’Eglise un siècle plus tôt. C’est la phrase stupéfiante de Lionel Jospin à l’Assemblée : « Nous essaierons de les convaincre d’ôter ce signe religieux, mais, si elles ne veulent pas, nous les accepterons. » La gauche, à rebours de sa longue tradition, admettait que la religion entre à l’école publique, et son Premier ministre se défaussait sur l’avis du Conseil d’Etat qui l’organisa.

Etait-ce un oubli du sens de la laïcité ou une décision d’y mettre un terme ?

Je ne crois pas à l’oubli. Si cela avait été une provocation de catholiques intégristes avec de grosses croix, cela ne se serait pas passé ainsi. Le complexe de culpabilité face à des populations symbolisant les anciens colonisés a été le plus fort dans cette génération de socialistes qui ont ainsi favorisé, dans leurs propres rangs, la montée du communautarisme, cette idée que tous les rituels culturels ou religieux, y compris les plus intégristes, sont respectables et doivent être respectés. Ce fut un choc, à l’époque, de se découvrir soudain minoritaire à gauche A cette époque, je me suis sévèrement fait taper sur les doigts pour délit d’« ethnocentrisme » par Mme Mitterrand et Jack Lang parce que je combattais l’acceptation de la polygamie et de l’excision ! Nous n’en sommes heureusement plus là, mais il me semble aussi désolant que la gauche accorde un tel pouvoir aux curés, aux imams et aux rabbins : c’est religieux, c’est sacré ! Ce fut un choc, à l’époque, de se découvrir soudain minoritaire à gauche.

Pourquoi cette minorité, dont vous faisiez partie à gauche, est-elle restée fidèle à sa tradition laïque ?

Il y a plusieurs raisons en ce qui me concerne. Je suis d’abord, philosophiquement, universaliste. Je crois aux bienfaits des valeurs universelles : on a toujours intérêt à mettre en avant nos ressemblances plutôt que nos différences. Je ne crois pas à la différence heureuse.
Ensuite, je suis juive : l’histoire familiale m’a appris que l’on avait tout intérêt à ne former qu’une seule humanité. Je regrette d’ailleurs que, en réaction à l’abdication de la laïcité face à l’intégrisme musulman, la partie communautariste des juifs se soit renforcée, développant le port de la kippa en public, et que certains catholiques réagissent de même, comme on vient de le voir à propos des crèches dans les mairies.
Enfin, je suis féministe et je me méfie extraordinairement du pouvoir des religieux et de leur vision de la femme. Que l’on impose aux femmes de cacher leurs cheveux parce que des hommes les tiennent responsables d’un désir sexuel qu’ils ne savent pas maîtriser me fait bondir. Il m’est insupportable que la gauche l’accepte, notamment au sein de l’école publique, censée avoir pour objectif de développer la raison et de lutter contre les préjugés ! Le pire de cette gauche communautariste est d’avoir accepté le concept d’“islamophobie” On est passé du cogito ergo sum – « Je pense donc je suis » - au credo – « Je crois, donc j’existe »… C’est une trahison bouleversante pour ma génération, qui avait une autre conception de l’école comme outil d’émancipation, en particulier des filles.
Le pire de cette gauche communautariste est d’avoir accepté le concept d’« islamophobie » – qui a foutu en l’air le principe de laïcité, car s’élever contre des signes religieux devenait un crime – et l’invention de ce terme au sens propre insensé de « racisme anti-musulman ». D’où l’intimidation, qui a fonctionné sur de plus en plus de gens à gauche, se taisant par peur d’être dénoncés parce que la laïcité, devenue synonyme d’islamophobie, a été abandonnée à Marine Le Pen. Cela, je ne le pardonne pas à la gauche.
Ce revirement, empreint de gêne et de malaise, n’est pas franchement revendiqué : durant ces vingt-cinq années, la plupart des élus de gauche ont voté ou ne se sont pas opposés – se réfugiant dans l’abstention – aux lois de laïcité proposées par la droite…
Parce que, globalement, la gauche n’est pas au clair, qu’il n’y a plus de position majoritaire en son sein sur le sujet et qu’elle fait tout pour ne pas en débattre franchement. D’abord par manque de courage. Sur l’interdiction de la burqa, par exemple, il y avait à l’Assemblé nationale des pour et des contre qui ne s’assumaient pas : c’est pour cela qu’à sept exceptions près, ils se sont tous abstenus… Ce manque de courage prend de plus en plus la forme du déni : pour avoir la paix, on pense qu’il suffit de nier les problèmes. Comme la position comique du nouvel Observatoire de la laïcité, cet édredon qui a remplacé le Haut Conseil à l’intégration : il n’y a pas de problèmes, c’est vous qui les inventez, c’est pas si grave…
Mais il ne faut pas sous-estimer dans cette hésitation le rôle du calcul politique, électoral : le Parti socialiste a quand même gagné les élections avec les voix des musulmans des banlieues, donc, après les effets de la théorie du genre, ce n’est pas le moment de se les mettre à dos ! Avec les mères voilées en sortie scolaire, on recommence comme en 1989C’est pourquoi on laisse la laïcité, déjà bien attaquée par Sarkozy, se vider de son contenu originel : « laïcité ouverte », « laïcité positive » : la laïcité aujourd’hui, c’est « chacun fait ce qu’il veut » et, au nom de la religion, « on a tous les droits ». Le comble est de voir des défenseurs de la laïcité plaidant pour que les religions soient plus discrètes se faire traiter d’« ayatollahs de la laïcité » ou de « laïcards », le terme de Maurras… Voilà pourquoi pour les mères voilées en sortie scolaire, on recommence comme en 1989 : la gène, la confusion et la défausse sur les juges au nom du « cas par cas » !

Vous n’êtes guère optimiste sur l’avenir…

Je suis moins optimiste à court terme qu’à moyen terme. Je pense que l’on va redécouvrir que l’on ne peut pas se passer du concept de laïcité, nécessité absolue pour la paix sociale entre personnes d’origines différentes. Les religions peuvent devenir des facteurs de guerre épouvantables, on en a d’ailleurs la preuve tous les jours dans le monde. Et il y a une telle exaspération qui monte à l’égard des exigences des uns et des autres, de la constitution de séparatismes culturels revendiqués – par exemple pour éviter de côtoyer « l’impureté » – que l’observation rigoureuse des règles laïques va redevenir un impératif pour le bien commun, pour vivre en paix les uns avec les autres.


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Laïcité : soutien à Elisabeth Badinter

Messagepar locipompeiani » 22 Janvier 2016, 19:04

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La polémique en cinq actes au sujet de la laïcité

Messagepar locipompeiani » 26 Janvier 2016, 09:52

Valls et Bianco s'écharpent au sujet de la laïcité : la polémique en cinq actes
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