Le « genre » : Texte de la pétition nationale

Le « genre » : Texte de la pétition nationale

Messagepar locipompeiani » 06 Février 2014, 17:13

6 février 2014

Des enseignantes et des enseignants de la maternelle à l’Université,
des chercheuses et des chercheurs, des étudiantes et des étudiants réagissent et appellent au soutien de toutes et tous

Cette pétition est ouverte à toutes et à tous.

Pour signer en ligne : http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N45876
Pour connaître l’ensemble des contacts, les premiers signataires, les associations, les universités impliquées et les comités :
http://genrerechercheeducationrencontre.unblog.fr/


Le « genre » : Texte de la pétition nationale

Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école), mais, de plus, cette rumeur est totalement mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, réveillant les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en études sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société. 

Face à ces propos dangereux, face aux risques de dérives extrémistes, nous, enseignant-e-s, étudiant-e-s, chercheur-e-s, souhaitons prendre la parole, rappeler la réalité des pratiques éducatives et scientifiques d’aujourd’hui, et appeler au soutien de nos concitoyens et concitoyennes, de toutes les régions de France, de toutes les origines, de toutes les cultures. 

NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (ni inversement). 

NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences. 

OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelles, sexuelles, religieuses). « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment des élèves de collège apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c'est réfléchir sur les effets de ce type de messages.
OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés au cri de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde. Oui, l’école est le lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes. 

Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire. 

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.
• Signer la pétition, ouverte à tou(te)s
• Consulter le site lancé pour fédérer les initiatives
Les études de genre, la recherche et l’éducation :
la bonne rencontre

Bien cordialement,
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Re: Des réponses à l'émoi de M. Copé

Messagepar locipompeiani » 12 Février 2014, 17:15

« Non M. Copé, les livres pour enfants ne sont pas des manuels de morale »
Le Monde.fr| 10.02.2014

Les livres de jeunesse à brûler pour faire plaisir à Copé
Libération

Grâce à Jean-François Copé, "Tous à Poil" fait un carton
Le Nouvel Observateur

Sexe et genre. De quoi parle-t-on?
A l'encontre
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Re: Le « genre » : l’histoire d’une formule par D.Sallenave

Messagepar locipompeiani » 14 Février 2014, 08:01

Les Idées claires de Danièle Sallenave
L’histoire d’une formule : le genre
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Re: Le « genre » : des pressions contre des bibliothèques

Messagepar locipompeiani » 14 Février 2014, 08:14

« Théorie » du genre : Aurélie Filippetti dénonce des pressions contre des bibliothèques
Le Monde
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Re: Le « genre » l’offensive du Printemps Français fait un flop

Messagepar locipompeiani » 14 Février 2014, 11:46

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Re: Le « genre » : Copé n'a rien compris à notre ouvrage

Messagepar locipompeiani » 14 Février 2014, 11:49

Je suis l'auteur du livre "Tous à poil" : Copé n'a rien compris à notre ouvrage.
Par Marc Daniau, auteur, illustrateur

leplus.nouvelobs
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Re: Quand l'UMP voulait sensibiliser au « genre »

Messagepar locipompeiani » 15 Février 2014, 07:36

En 2011, l'UMP, loin de juger « dangereuses » les études de genre (et non la « théorie »), s'en inspirait très clairement, et proposait bel et bien de sensibiliser les enfants aux questions de « genre », ce « dès la maternelle ».
Le Monde
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Re: Le « genre » : un climat qui pèse sur les écoles

Messagepar locipompeiani » 15 Février 2014, 15:58

Le climat créé par la polémique sur le genre pèse sur les écoles
Le Monde du 13.02.2014 (édition abonnés)
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Re: Le « genre » : un collège annule une pièce contre le sexisme

Messagepar locipompeiani » 15 Février 2014, 16:04

Effrayé par les rumeurs sur le genre, un collège annule une pièce contre le sexisme
Le Monde du 15/02/14 (édition abonnés)
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"Tomboy" dans le viseur des intégristes

Messagepar laoshi » 20 Février 2014, 18:54

Consternant ! Après les manifs pour tous, après le Jour de colère, après les appels à la censure sélective des bibliothèques, voilà que les programmes de télévision sont visés à leur tour. L’excellent Tomboy, que j’ai vu hier sur Arte, effarouche les dévots de Civitas !

Pauvres enfants ! Ces gens-là nous rabâchent qu’ils les aiment… Curieuse façon d’aimer ! Ont-ils jamais pensé à ce qu’ils font vivre aux enfants qui ont deux papas ou deux mamans ? Ont-ils jamais pensé à ce que vivent leurs propres enfants ?
Combien de filles ont été des « garçons manqués » ? Est-il vraiment scandaleux de leur donner l’occasion de parler d’elles ? Est-il vraiment scandaleux de donner à leurs camarades l’occasion de réfléchir sur leurs sentiments ?
Combien sont-ils dans les manifestations, à crever de désespoir en entendant des slogans qui les nient dans leur identité ? Car n’en déplaise à Béatrice Bourges, à Ludovine de la Rochère et autres, les enfants découvrent très tôt leur orientation sexuelle. Et ce n’est ni les livres ni les films qui peuvent les dévoyer ou les « pervertir ». Tout au plus peuvent-ils les rassurer, leur permettre de comprendre qu’ils ne sont pas des monstres. Ils en ont, plus que jamais, besoin aujourd’hui.


Quentin GIRARD, dans Libération, a écrit:

«Tomboy» : Civitas appelle à harceler Arte

Image

«Tomboy» raconte l’histoire de Laure qui rentre en CM2 et s'installe, avec sa famille, dans une nouvelle résidence où, avec ses cheveux courts, elle décide de se faire passer pour un garçon.

Le film, qui raconte l'histoire d'une petite fille se faisant passer pour un garçon, doit être diffusé mercredi sur la chaîne franco-allemande.

A Strasbourg, au siège d’Arte, les téléphones du standard n’arrêtent pas de sonner. Des appels qui n’en finissent pas pour se plaindre. En cause, la diffusion prévue mercredi soir de l’excellent Tomboy, de Céline Sciamma, dont la chaîne franco-allemande est coproductrice.

Pour les intégristes de Civitas, qui se mobilisent, c’est une «propagande pour l’idéologie du genre». «Ce film ne répond pas à la mission d’Arte qui est de "concevoir, réaliser et diffuser des émissions de télévision ayant un caractère culturel"», expliquent-ils sur leur site Internet. Ils appellent ainsi à «protester poliment mais fermement ! Par téléphone, par fax ou par mail».

Ils n’acceptent pas non plus que Tomboy soit diffusé dans les écoles primaires dans le cadre du programme «Ecole et Cinéma». L’œuvre est en effet étudiée par les élèves pour la seconde année consécutive, parmi d’autres, comme Pierre et le Loup de Suzie Templeton ou Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki. Le principe de ces cours optionnels existant depuis des années est d’initier les enfants à la culture cinématographique par la découverte de productions anciennes et récentes.

Tomboy, à sa sortie, a été salué par la critique. Le film raconte avec justesse et pudeur l’histoire de Laure, qui va entrer en CM2. Avec sa famille, elle s’installe dans une nouvelle résidence où, avec ses cheveux courts, elle décide de se faire passer pour un garçon, Michaël. Elle/Il joue au foot, aux batailles d’eau, se bat, comme les autres, jusqu’à ce que sa mère le découvre… Pas de dialogue, pas de grands discours, juste un film sur l’enfance et une fille garçon manqué, un Tomboy, comme on dit en anglais. Déjà vu par des dizaines de milliers d’élèves, il n’avait absolument pas suscité de polémique dans les premiers mois. Et encore moins chez les enfants. «J’ai adoré le film parce qu’il se passe aujourd’hui et que Laure a notre âge, [il] parle de notre vie avec les copains, les copines, les parents, le quartier…», raconte ainsi Lilou, 10 ans, au Nouvel Obs, après une séance. 79% des enseignants parisiens l’ayant visionné le jugent également «très intéressant», rapporte le Figaro, un excellent score.

«Tomboy rappelle une évidence : on ne choisit pas son sexe à la naissance, on en hérite, tout comme son prénom», explique le dossier pédagogique disponible sur le site du CNC. «A partir de là, chacun se construit son identité entre sexualité biologique et sexualité psychique, avec les variantes selon les apparences (vêtements, coupe de cheveux) et le comportement (manières, attitude), distribué selon les codes et les convenances de cette répartition.»

Malheureusement, entre le début de sa programmation dans les écoles et maintenant, avec les manifestations contre le mariage gay et les fantasmes autour d’une supposée théorie du genre, le contexte a bien changé. Si les critiques autour de Tomboy ont explosé ces derniers jours avant la diffusion sur Arte, le mouvement a commencé plusieurs mois auparavant. Une pétition sur le site Citizen Go, «Non à la diffusion du film Tomboy dans les écoles !», a recueilli plus de 32 500 signatures depuis son lancement le 28 novembre. Les premières protestations seraient parties d’une mère mécontente des Deux-Sèvres. «[Il est] tout à fait dangereux de laisser penser à des enfants de 9 ans que l’on peut changer de sexe, qui plus est sans dommage», aurait-elle écrit pour se plaindre, selon le Courrier de l’Ouest, dans un article de décembre.

L’œuvre de Céline Sciamma n’est qu’une cible parmi d’autres. Toutes les productions destinées à la jeunesse prônant des valeurs de tolérance et de respect de la différence sur les questions de genre, qu’il s’agisse de films, livres ou autres, sont désormais potentiellement dans le collimateur de Civitas, du Printemps français, des mouvances autour de Farida Belghoul qui appellent les parents à des jours de retrait de l’école ou encore de Jean-François Copé.

Pour le moment, le film passera bien sûr sur Arte et il n’est pas prévu qu’il soit retiré du programme «Ecole et Cinéma».
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